Table ronde RM2011 – L’Euro est il réformable ?

Alors que la zone euro connaît une crise sans précédent, les intervenants ont décrit la manière dont un gouvernement du Front de gauche devrait réagir pour réformer notre monnaie. L’euro apparaît à beaucoup de citoyens comme un déni de souveraineté, et dans ce contexte a surgi l’idée de s’en débarrasser.

A l’inverse, le Front de gauche considère qu’il est nécessaire de refonder l’Union européenne. Pour Michel Husson, «la cause principale de la régression sociale ne vient pas des relations de la France avec le reste du monde, mais bien des politiques menées nationalement». Il ne faut pas isoler la France en sortant de la monnaie unique, mais au contraire désobéir aux traités européens au niveau national pour transformer radicalement la zone euro.

La France en est capable. «L’Union européenne n’est pas le pacte de Varsovie, nous n’avons à craindre l’invasion d’aucun char d’assaut», ironise Jacques Généreux. L’élan créé ainsi par la France permettrait aux autres pays d’oser faire la même chose. Et à terme, de sortir la construction européenne du néo-libéralisme, ce qui est indispensable car «il y a des biens publics européens, nous ne pouvons les abandonner aux marchés».

L’échange des intervenants avec la salle a permis de préciser le programme du Front de gauche et de démontrer ses liens avec les propositions d’éminents économistes comme Frédéric Lordon. Nous partageons avec eux la volonté de briser les reins de la finance. «Les capitalistes définissent ce qu’ils considèrent être un taux de profit normal pour les entreprises. Nous pouvons faire la même chose et prendre tout ce qui dépasse ce taux !», explique Michel Husson avant d’ajouter que «la nationalisation des banques est également indispensable.»

D’autres idées ont été développées comme la modification des statuts de la Banque de France pour qu’elle puisse monétiser la dette, la séparation des banques d’investissement des banques de dépôts, les obligations pour les banques privées de détenir de la dette publique… Le débat animé par Stéphanie Treillet a permis d’esquisser les mesures d’urgence à prendre. Et de réfléchir au plus long terme. L’atelier consacré à l’euro a également été l’occasion de casser quelques mythes, sur la dette notamment. Pour Jacques Généreux, «la règle d’or, c’est la règle des ânes». L’important n’est pas le déficit en lui-même, mais ce que l’on en fait. Et il faut rapporter la dette au patrimoine de la France et non pas à la richesse produite en une année. «S’il faut s’endetter pour sauver la planète, n’hésitons pas !», conclut-il.

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