Privatisations. La grande braderie continue

Article rédigé par Guillaume Etiévant pour le journal insoumis L’heure du peuple.

 

C’est une mauvaise habitude des gouvernements qui se succèdent au pouvoir : pour obtenir des rentrées d’argent immédiates, ils se désengagent d’entreprises qui assurent pourtant un revenu régulier pour l’Etat via les dividendes qu’il prélève chaque année sur leurs bénéfices. A long terme, ces privatisations sont une aberration économique, mais le temps long n’intéresse pas Emmanuel Macron davantage que ses prédécesseurs.

Après avoir vendu les aéroports de Lyon et de Nice, et cédé des actions Renault, PSA, Safran et Engie l’année dernière, l’État compte poursuivre les privatisations cette année pour financer le nouveau fonds pour l’innovation à hauteur de 10 milliards d’euros. Ce dernier poursuivra sans doute le gaspillage des aides à l’innovation et du crédit impôt recherche qui coûtent déjà 10 milliards par an aux finances publiques, et viennent davantage gonfler les profits que les innovations technologiques.

Dans ce but, Bruno Le Maire a adressé une lettre de mission à la Caisse des Dépôts et Consignations, institution financière publique qui détient des parts dans 921 entreprises, pour qu’elle privatise une partie de ses actifs, alors qu’elle est normalement sous contrôle du Parlement. Par ailleurs, elle pourrait prendre le contrôle de la Poste, aujourd’hui détenue à 74% par l’État.

Le gouvernement envisage également de privatiser Aéroport de Paris (ADP), qui possède et gère Roissy Charles de Gaulle, Orly et Le Bourget. Pourtant, ADP dégage 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 435 millions d’euros de bénéfice en 2016. Il n’y a aucune raison de s’en séparer, si ce n’est pour satisfaire Vinci, d’autant plus que l’État va ainsi se priver d’un levier essentiel dans le pilotage de sa politique de transport nationale. ADP est un poumon économique et social et la première frontière française. La question des contrats avec les sociétés de sûreté aéroportuaire se pose également. Quel arbitrage sera fait entre sûreté et rentabilité après la privatisation ?

Une modification législative est obligatoire pour vendre ADP, ainsi que Engie et La Française des Jeux, également dans la ligne de mire du gouvernement. Bruno Le Maire compte profiter de sa future loi “Pacte” sur les entreprises examinée au printemps prochain pour enclencher ces privatisations. Une belle bataille s’annonce pour les députés de la France Insoumise à l’Assemblée Nationale contre cette loi qui promet de grandes régressions sociales, une fois de plus.

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