IG Metall : une victoire en trompe-l’œil

Article rédigé par Guillaume Etiévant pour le journal insoumis L’heure du peuple.

Le principal syndicat allemand, IG Metall, sort d’une semaine de mouvements sociaux importants. Il a déclenché la grève la plus significative depuis quinze ans outre-Rhin. Le patronat a été obligé de céder, car celle-ci lui a coûté au total autour de 200 millions d’euros. Un accord a été trouvé le 6 février, qui concerne les salariés du secteur de l’industrie métallurgique dans le sud-ouest de l’Allemagne. Les négociations dans ce pays se font en effet au niveau sectoriel et régional, mais les acquis sont souvent étendus par la suite au pays dans son ensemble. Pour ceux qui bénéficient des conventions collectives en tout cas, c’est-à-dire à peine plus de la moitié des salariés allemands, les autres étant plongés dans la précarité.

La plupart des médias français se sont focalisés sur la durée de travail à 28 heures qui aurait été obtenue par IG Metall. Le point le plus important n’est pourtant pas celui-ci, mais bien la hausse des salaires de 4,3% dont bénéficieront les travailleurs de ce secteur d’activité. Ce n’est certes pas les 6% revendiqués, mais c’est bien au-delà des 2% que promettait la fédération patronale régionale Südwestmetall avant le début de la grève.

28H sans maintien du salaire

Concernant la durée du travail, l’ouverture du droit à la semaine de 28 heures a été obtenue, mais sans maintien du salaire. Cela n’a donc rien à avoir avec l’obtention des 35 heures dans les années 1980 qui s’était réalisée à salaire équivalent. Il ne s’agit pas réellement d’une réduction du temps de travail, mais plutôt d’une possibilité élargie d’accès au temps partiel, qui est d’ailleurs une revendication minoritaire parmi les syndiqués d’IG Metall. Ce droit a été obtenu contre une concession majeure : pour les salariés « volontaires » le temps de travail pourra être porté à 40 heures par semaine, au lieu de 35 heures actuellement.

La victoire d’IG Metall n’en est donc pas complètement une, mais elle aura eu le mérite d’avoir un impact direct sur les salaires des métallos allemands et de relancer le débat sur la réduction du temps de travail. Elle pourrait faire tache d’huile : le deuxième syndicat allemand Verdi vient d’annoncer qu’il allait exiger des hausses de salaires de 6% pour les deux millions d’employés de la fonction publique et des collectivités territoriales allemandes.

Guillaume Etiévant

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