22 mars : Les raisons de la colère

 

Article rédigé par Guillaume Etiévant pour le journal insoumis L’heure du peuple

Un appel unitaire très large à la grève et aux manifestations le 22 mars a été lancé pour défendre les services publics et la fonction publique. Jusqu’à présent, les mobilisations d’ampleur ont été difficiles à enclencher. Lors de la mandature précédente, il avait fallu attendre la quatrième loi du quinquennat s’attaquant au Code du travail, pour que la population se mobilise enfin derrière ses syndicats et initie, avec Nuit Debout, des formes innovantes de contestation. Tout est donc possible, en espérant que le peuple arrive enfin à bloquer les réformes en cours.

Aujourd’hui les raisons ne manquent pas pour se mobiliser largement. Les médias, fidèles à leur habitude de diviser la population, se sont concentrés volontairement sur la réforme du statut des cheminots, mais c’est l’arbre qui cache une forêt de régressions. Emmanuel Macron compte poursuivre l’agenda de privatisation de notre économie, déjà bien entamé par ses prédécesseurs. Il souhaite transformer la SNCF en société anonyme, pour progressivement désengager l’État du système ferroviaire et transférer ses compétences aux régions, qui seront dans l’incapacité de le financer. Et ainsi entraîner les désastres sociaux observés ces dernières années chez Orange, à La Poste, etc. Aéroport de Paris est également dans le collimateur du gouvernement : les derniers détails de la privatisation sont en train d’être finalisés.

Plus globalement, le gouvernement vise une réduction des dépenses publiques de 54,7 % du PIB aujourd’hui à 51,1 % en 2022, pour appliquer le plan annoncé pendant la campagne présidentielle, qui visait 60 milliards d’économies durant le quinquennat. La grande lessiveuse a déjà commencé avec le rétablissement du jour de carence dans la fonction publique, alors que l’Insee a démontré qu’il n’avait pas d’impact sur le niveau d’absentéisme. Elle va se poursuivre tout au long du quinquennat avec le programme « Action Publique 2022 », qui, derrière une prétendue volonté de simplification et d’adaptation à la « révolution » numérique, masque mal son réel objectif : transférer des pans entiers de notre économie vers les intérêts privés. Cela passera par des plans de départs volontaires dans la fonction publique, la liquidation d’une partie de ses instances représentatives du personnel, un recours favorisé aux emplois contractuels, le développement de la rémunération au mérite, etc. L’utilité sociale de la fonction publique devrait pourtant, en République, primer sur son coût. C’est sans doute le principal enjeu de la mobilisation du 22 mars.

Guillaume Etiévant

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